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Empathie et hyper-empathie dans la relation d’accompagnement

L’empathie : Comment la gérer dans la relation d’accompagnement ?

empathie et hyper-empathie dans la relation d'accompagnementL’empathie, comme d’autres aptitudes relationnelles, bénéficie d’une grande notoriété. Elle serait même indispensable pour être en lien avec les autres, en particulier lorsque l’on travaille avec l’humain. Mais attention il faut apprendre à la gérer au risque de voir sa vie et sa santé polluées.

L’empathie qu’est ce que c’est ?

Cette notion, qui envahit depuis plusieurs années la scène publique et qui fait l’objet de très nombreuses études, se définit par la capacité de reconnaître, de ressentir et de comprendre les émotions d’un autre individu. Pour faire simple, de pouvoir se mettre à sa place.

L’empathie est innée – présente chez les bébés – et elle n’est pas une caractéristique exclusive de l’Homme. Elle se retrouve en effet chez la plupart des mammifères et autres terriens. La science a montré en effet que même nos amis les rats en sont dotés, préférant aider un congénère en difficulté plutôt que déguster un bout de chocolat convoité.

L’empathie se situe partout, à n’importe quel moment…C’est elle qui est responsable de nos larmes versées devant notre écran de télé, elle qui, de manière spontanée, nous incite à aider quelqu’un qui est tombé à se relever, elle encore qui nous fait grimacer ou crier à la vue d’une personne en danger. Bien présente face à la souffrance, à la douleur, à l’horreur, elle se manifeste également dans la joie au travers d’un fou rire partagé.

Les responsables de cette capacité : les neurones miroirs entre autres, et un circuit neuronal bien spécifique.

Bien qu’en place dès la naissance, ce mécanisme de résonance entre soi et autrui se doit d’être entretenu et développé, afin de continuer à jouer le rôle pour lequel on en a été doté : la prise en compte de l’autre, de ses ressentis, et la mise en place des comportements adaptés.

L’empathie a donc de nombreuses vertus. Elle permet la coopération, l’entraide, même entre deux espèces différentes, et elle favorise la paix.

Sans elle, ni les hommes ni les animaux n’auraient pu survivre dans l’adversité.

Les différents niveaux d’empathie

Passé cette présentation, il est utile de préciser que l’empathie bénéficie d’un curseur, comme une échelle que l’on pourrait graduer de 0 à 10. Et selon le niveau sur lequel on se situe, il est important de mettre en place certains outils pour ne pas en souffrir, parce que oui on peut souffrir d’un excès d’empathie.

Au point 0, inutile de trop en dire, on trouvera par exemple certaines personnalités psychopathes, incapables de ressentir les émotions des autres, empathie et hyper-empathieou s’en protégeant volontairement.

Sur la moyenne, on peut parler d’empathie « sèche », terme développé par le psychiatre Jacques Hochmann, décrivant un type d’empathie permettant de comprendre les émotions, intentions et pensées d’autrui sans pour autant les ressentir soi-même. Il semblerait que socialement parlant, ce soit le type d’empathie le plus utile. Au niveau perméabilité, c’est comme si nous portions une enveloppe protectrice, légèrement aérée pour laisser passer les informations nécessaires à la compréhension de l’autre mais dont les fils sont suffisamment serrés pour ne pas être contaminée ni envahie par les émotions de l’autre.

Au degré supérieur, on trouvera donc l’empathie « humide », qui comme vous pouvez vous en douter, commence à devenir problématique. Il va s’agir en effet de ne plus se contenter de comprendre les émotions d’autrui, mais de les ressentir soi-même. D’être envahie de tristesse, de honte, de peur, de ressentir même des douleurs physiques, alors que vous n’êtes « que » l’observateur ou le récepteur de la souffrance de l’autre. Pour reprendre l’image de l’enveloppe, on peut considérer que celle-ci est un peu trop aérée, et que l’on commence à être sérieusement trempée…

Au point ultime, on parlera d’hyper-empathie. Là c’est clairement l’éponge version papier buvard qui absorbe tout. Tel John Coffey dans le film « La ligne verte », qui capte en lui toute la souffrance humaine. Ici plus vraiment d’enveloppe, c’est comme si tout était ouvert. L’hyper-empathe va ressentir les émotions d’autrui comme si c’étaient les siennes, il n’est plus capable de prendre le recul nécessaire et de se distancier de l’autre.

Si cette dernière peut être apparentée à un don particulier, il n’en reste pas moins qu’au quotidien, elle peut être très lourde à porter. Au-delà de la souffrance que cela peut lui faire vivre, le sujet hyper-empathe peut aussi être la proie des personnalités perverses et manipulatrices qui vont utiliser cette aptitude pour l’apitoyer, le contraindre et l’utiliser.

Vous l’aurez compris, l’empathie revêt plusieurs formes, plus ou moins avantageuses.

Dans une relation de proximité à l’autre, difficile de faire sans. Surtout lorsque l’on est principalement confrontée à la souffrance, à la détresse, à la maladie, au désarroi.

Alors comment la gérer, en faire un allié, sans être débordée et en évitant ses nombreux biais ?

Une alliée dans la relation d’accompagnement

Cette aptitude si particulière peut être une vraie richesse dans la relation à l’autre si elle est bien « maîtrisée ». Véritable outil de connexion, elle permet de se brancher sur la même fréquence, afin de pouvoir capter ce que vit l’autre, ou du moins de l’appréhender. Elle contribue à la création du lien, répondant implicitement au besoin des êtres humains d’être entendu et compris. Meilleure amie de la bienveillance, elle permet d’enclencher un processus de soin et d’accompagnement dont la visée est le bien de la personne concernée.

Formidable….oui mais

Pour autant cette capacité est variable selon plusieurs critères. Il semblerait notamment que nous ayons plus de facilités à ressentir les émotions de personnes dont nous nous sentons proches, affectivement, socialement, ou intellectuellement. Essayez donc de ressentir la détresse ou la peur de quelqu’un qui a des valeurs contraires aux vôtres… Pas si simple ! Il est donc possible de « déconnecter » cette faculté, de la mettre sur OFF et ainsi de ne rien ressentir devant une souffrance exprimée.

Dans la même veine, il semblerait donc que nous soyons plus enclins à aider une personne pour laquelle notre empathie s’est activée.

On peut donc facilement imaginer le biais dans lequel tout thérapeute ou accompagnant peut basculer. Celui qui annihilerait toute forme de neutralité, nous mettant dans une position où l’affect nous commanderait.

hyper-empathieDe l’empathie à la contagion

Il n’y a qu’un pas !

Dérive de l’empathie, la contagion émotionnelle ne maintient pas de distance entre soi et l’autre. Il y a comme une sorte de confusion.

En tant que thérapeute, accompagnante, votre rôle n’est donc pas de « souffrir avec ».

Être touchée devant la souffrance de l’autre est une preuve de notre humanité. Mais il n’est pas possible d’aller plus loin. Imaginez un thérapeute qui fondrait en larmes devant la tristesse exprimée de son patient…comment pourrait-il l’aider ?

L’important est donc bien de maintenir une forme de distance émotionnelle entre ce que je peux ressentir et ce que l’autre ressent. C’est de SA souffrance dont il est question.

Être trop touchée par la souffrance de l’autre peut également vous aveugler et vous faire perdre votre professionnalisme, voire une certaine objectivité. La ligne séparant l’empathie de la sympathie est extrêmement fine et peut être facilement franchie. On se retrouve alors dans une position à vouloir absolument aider l’autre, prenant même des décisions à sa place, s’obstinant coûte que coûte à le sortir de cette situation, intolérable pour nous.

De l’empathie au stress empathique

Bien caractéristique de ce que peuvent vivre les personnes ayant des métiers « à risque » telles que les infirmières, les soignants, les thérapeutes et tous ceux qui partagent leur quotidien avec la souffrance, le stress empathique est une vraie calamité. Conséquence directe d’une exposition prolongée aux peines d’autrui sans mise à distance, cette détresse émotionnelle peut mener à la dépression.

Garde-fou de cette dérive : l’utilisation de ce que l’on nomme la théorie de l’esprit, ou la capacité de bien faire la différence entre vos émotions et pensées et celles de l’autre. Au-delà de la préservation de votre psychisme, c’est la garantie de pouvoir apporter à l’autre la meilleure aide possible.

Ressentir OUI. Être contaminée, envahie et débordée NON.

Les solutions pour se protéger

Facile à dire mais arriver à se protéger, se détacher, prendre la juste distance est parfois difficile, surtout lorsque l’on débute. Se protéger ne signifie pas ne plus ressentir et couper le lien. Il n’est pas souhaitable, bien évidemment, d’adopter une attitude froide et détachée. L’idéal étant d’arriver à une forme d’empathie « utile » et non dommageable pour vous. Avant d’y accéder, il existe quelques outils pour se protéger de ses dangers.

créer sa bulle

La bulle de protection : avant chaque consultation, fermez les yeux et imaginez une bulle tout autour de vous, une jolie bulle de la couleur que vous souhaitez, et suffisamment fine pour que l’on y voit à travers. Pas question donc d’imaginer un blockhaus, mais plutôt une bulle de savon, avec une fine membrane, vous permettant d’être en contact avec l’autre, dans la perception de ce qu’il peut vivre, mais suffisamment résistante pour vous préserver d’un trop plein d’intrusions.

La puissance de l’esprit : si vous vous sentez envahie d’émotions ou de ressentis corporels, faites intervenir à votre esprit le mantra : « c’est de la souffrance de l’autre dont il s’agit, ça lui appartient, en aucun cas, je dois me sentir concernée ». Ressentir oui mais cela vous permettra de garder à l’esprit que cette situation ne vous appartient pas et qu’elle ne durera pas. L’utilisation de ce mantra vous permettra de faire descendre le niveau de ce que vous ressentez et vous pourrez poursuivre votre écoute sereinement.

Se nettoyer : après chaque consultation, vous pouvez adopter un rituel de « nettoyage ». Celui qui vous correspond le mieux. Vous pouvez fermer les yeux et visualiser une douche de lumière, d’eau ou de plumes venant prélever sur son passage tous les résidus de la souffrance absorbée et les emmener au loin. C’est un nettoyage en profondeur, vous devez vraiment en ressentir les bienfaits. Vous pouvez accompagner cette visualisation d’expirations ainsi que de touchers corporels afin d’expulser au maximum ce qui a pu se déposer.**

couper les liensCouper le lien : dès la fin de la consultation, après avoir raccompagné votre patient(e), vous pouvez faire avec vos mains un mouvement de coupure de liens, comme si vous pouviez couper des fils invisibles vous reliant à l’autre. Vous pouvez le faire à chaque niveau, au niveau de votre cœur, de votre plexus, de votre gorge, de votre tête, et de l’ensemble de votre corps.

Vous pouvez également faire des mouvements d’expulsion comme si vous vouliez faire sortir quelque chose de votre bureau. Cela peut paraître un peu étrange, je vous l’accorde, mais c’est efficace. Et puis personne ne vous voit.

La sophrologie : dans le prolongement du travail d’expirations abordé, vous pouvez au loisir pratiquer quelques exercices empruntés à la sophrologie. Fermez les yeux, visualisez en vous toutes les tensions accumulées, les émotions négatives, les douleurs éventuelles. En inspirant, avec vos bras faites des mouvements de « pompage » comme si vous pouviez pomper en vous tous ces résidus. Puis expirez très fort en visualisant que tout s’évacue. Répétez l’exercice 3 fois minimum.

Les balades en pleine nature : autant que possible, partez-vous promener en pleine nature, en forêt, en montagne. L’air frais, la marche, la connexion à la nature, ont des effets qui ne sont plus à prouver. Activez tous vos sens, concentrez-vous sur l’ensemble de vos perceptions, sur ce que vous voyez, sentez, entendez, ressentez. Prenez donc le temps d’expérimenter le moment présent. Cela permet de déconnecter l’activité cérébrale, de faire le vide et de recharger les batteries. Vous pouvez aussi en profiter pour pratiquer la sylvothérapie, la thérapie par les arbres. Se connecter aux arbres, les serrer, les ressentir, gerer son empathieprocure des effets puissants contre le stress, l’anxiété et l’hypertension notamment…A tenter donc, et puis ils apprécieront certainement bien plus un câlin qu’une scarification en forme de cœur…

Vous pouvez également pratiquer la méditation, de manière régulière et assidue, en vous faisant accompagner au besoin au départ par des méditations guidées. De nombreuses méditations sont accessibles sur le net en fonction de votre besoin. Réel outil de recentrage et d’apaisement, la méditation a de nombreux effets positifs sur le bien être intérieur.

Voici donc quelques suggestions pour vous permettre d’apprivoiser votre empathie et ses effets. A vous aussi de les adapter ou d’en inventer afin que cette aptitude soit plus un cadeau qu’un fardeau.

En conclusion…

Vous l’aurez compris, l’empathie, comme d’autres capacités, revêt des aspects lumineux et d’autres beaucoup plus sombres. Conscientisée, bien utilisée, et maîtrisée, elle est une aide précieuse pour toute forme de relation à l’autre. Mais les dérives sont présentes et peuvent être dangereuses, non seulement pour celui qui la ressent mais aussi pour celui qui en fait l’objet.

Pour illustrer ces quelques lignes et en guise de conclusion, les mots parfaits d’Agnès Ledig : « l’empathie c’est tendre la main à celui qui est dans le trou. Ce n’est pas sauter dedans pour l’aider à remonter ».

 

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